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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 08:46
Piranèse, Le Carceri d'Invenzio

Piranèse, Le Carceri d'Invenzio

Le monde ce matin est un rang de tireurs dans une rue aimée.
Jamais le soleil n’avait été si près d’embraser les herbes vagues
entre les routes semées.
Être double, dur et omniprésent, tendre et unique ébauche.
Où sont les haies et ma grande digue abriteuse ?
Petites batailles dérangées dans les cratères besogneux.
Petites blessures mais mortelles dans les entrées infernales.
Petite vengeances improvisées sur les sentiers de verre.
Petits pas mitraillants.
Petites audaces.
Petits hommes.
Laideur comme le grand ciel enfumé dans la grise et publique
caverne du crépuscule.
Être deux dans cette rue éventrée. Ne garder pour armure
que l’absence.
Légèreté. Inconscience efficace. Prestance du vent enragé.
Vent amoureux. Vent qui ne se tait pas.
Vent soudain armé.
Le forgeron et la capitale.
 
printemps 1999

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 13:42

 

Iris et Chaos en format pdf sur le site Paroles des jours


 

iris---chaos.jpg 

 

 

Le train file à travers les plaines ouvertes et les montagnes calcinées. Les forêts tapissées de fougères escaladent les pentes dérobées, se perdent parmi les cimes, lumineux labyrinthe.


Ici on parle six langues, on rit, on se tait, on fume, on recompte ses poules, on se souvient qu’on va quelque part, on rit encore. 

 

À peine rencontrée tu m’enchantes. Plusieurs vies sont possibles, probablement, mais pour l’instant je regarde la nuit tomber sur tes cheveux, les taches de soleil fuyant courir sur la vitre empoussiérée et les daims interdits qu’on aperçoit parfois perdus dans les sous-bois, à mi-fuite, giflés de vert.

 

Lorsque le train s’arrête au creux d’un vallon, sans voix parmi les branches, on entend des rivières, tous écoutent. 

 

Je vais me lever dans ce silence, saluer simplement quelques visages ouverts, et descendre avant la nuit puisque tout est possible. 

 

Mais tes yeux se ferment, inconnue, et lorsque tu appuies finalement ta tempe contre mon épaule je roule doucement mon pull en oreiller de camp et tu souris avant de rappuyer ta tête. 

 

Le train repart, le soleil plonge derrière une crête mais j’entends les rivières. 

 

Tout est inconnu.

 
11 mai 2004

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