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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 08:48

"Viens. Allons faire un enfant au Mexique."

Il se taisait. Il la regardait debout appuyée sur sa voiture de braqueur de banques, cheveux aux vents, avec son sourire simple et magnifique, sa jolie robe de hippie sud-américaine et ses belles épaules de nageuse et ses yeux toujours amusés et moqueurs.

"Tu es sérieuse en plus.

- Bien sûr que je suis sérieuse.

- Tu n'es pas dégoûtée par un homme qui a trois enfants de deux femmes différentes et qui n'arrive déjà pas à s'en occuper?

- Ne dis pas ça. Si ça ne tenait qu'à toi tu serais le meilleur des pères. C'est juste que tu... J'ai envie de faire un enfant avec toi. Je serai bientôt divorcée. Et j'ai envie de retourner au Mexique. Je n'en peux plus de rester ici. Et j'ai envie de te montrer le Mexique. Tu es un Mexicain. J'ai envie de vivre un peu avec toi au Mexique.

- Je suis touché.

- Viens avec moi au Mexique et faisons un ou deux enfants là-bas. Tu n'auras pas besoin de rester avec nous. Quand tu voudras tu repartiras. Mais je veux un enfant de toi."

Il souriait. Il n'était pas tellement surpris. Il l'aimait justement parce qu'elle ne faisait rien comme les autres, mais il était triste.

"Tu penses que je suis folle.

- Non.

- Tu as aimé les deux nuits qu'on a passées ensemble.

- Beaucoup.

- Moi aussi. Tu fais très bien l'amour.

- Merci, toi aussi.

- Tu es très doux. Même quand tu me tiens les mains.

- Toi aussi tu me tiens les mains."

Elle souriait.

"Tu es l'homme le plus gentil que j'ai vu avec les enfants aussi. Ma fille t'aime beaucoup, Antonio. Elle me parle souvent de toi et de ton fils aîné.

- Moi aussi j'aime beaucoup ta fille.

- Chaque fois qu'elle écoute les concerti de Vivaldi elle demande: il est où Antonio maintenant? Alors je lui réponds: on ne sait jamais où est Antonio. Parfois il est tout près, parfois il est très loin. Quand on a beaucoup de chance il décroche le téléphone. Quand on a encore plus de chance il sonne à la porte. C'est Antonio."

Elle pencha la tête et le vent rabattit ses longs cheveux sur son visage et elle fit un pas en avant pour se blottir entre ses bras. Il sentait le parfum de son corps et la peau de ses bras sous sa chemise et il sentait qu'à cet instant elle désirait sincèrement tout ce qu'elle disait et il savait que s'il partait avec elle ils seraient sûrement très heureux quelque temps.

"Tu es très gentille de dire tout ce que tu as dit.

- Je ne suis pas gentille. Je suis amoureuse de toi. Et tu sais que tu n'as pas besoin de t'inquiéter pour l'argent. Je t'en donnerai autant que tu en voudras pour tes autres enfants.

- Non. Je pense que tu dois retourner seule au Mexique.

- Mais tu m'aimes aussi, je pense.

- Oui, je t'aime aussi.

- Et moi ça ne me dérange pas que tu aimes d'autres femmes.

- Je sais.

- Parce que je sais que ça ne te dérange pas que j'aime d'autres hommes.

- Je sais.

- Alors c'est dommage. Tu ne veux pas y réfléchir?

- Je ne veux pas te retarder. Tu as besoin de partir.

- Oui, j'ai besoin. Ici ce n'est plus la vie.

- Là-bas c'est encore la vie?

- J'espère, oui. Maintenant ça fait trois ans que je suis partie. Maintenant ma belle-famille dit que c'est la guerre là-bas. Mais ça a toujours été un peu la guerre... Tu ne veux pas réfléchir?

- Non."

 

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Published by riverrun - dans Carnets!
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