Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 06:40

Une gorgée de vin, la parfaite et comique vision d’une ville anéantie et la compagnie de quelques amis insouciants en apparence tandis qu’ils marchent vers le nord suffisent à remplir mon âme d’ivresse.

 

Ma femme attend là-bas sagement ou pas, allez savoir, mon retour au matin, et ses seins bruns parfaits sous la soie noire et ses mains aveugles et ses yeux qui n’oublient rien, j'espère, de nos courses radieuses et folles à travers le temps.


Mon fils rêve de planètes merveilleuses où la parole à elle seule fait le mal et le défait, comme le vent sous mes yeux joue vert et jaune à la surface du canal dix mètres en contrebas, et ses mains restent sur les draps paumes ouvertes, immenses cartes glorieuses et tendres, sûres de tout décrire, de tout toucher, de tout ouvrir au matin, si proche déjà!

 

L’aimée sur les rails, imprévisible source, est partout présente, elle qui ne le sait pas encore, et même si je ris pour me jouer de cette infinie distance entre les murs immaculés, ce rire sans fin bénit le monde.

 

La nuit est traversée de quelques solitudes. Aucune ne m’attriste. Aucune ne m’arrête. Certaines m’émerveillent. Toutes me réjouissent. Toutes sont inutiles. Bof. Quelle comédie!!!

 

Je joue pour le temps. Le temps joue pour tous. Et peu m’importe que tous ne jouent pas. Je ne suis pas—Je suis—Je suis ivre—Je veux dire infini. En attendant que la sortie vienne à moi tranquillement, Ariane ou pas, j'ai saboté toutes les horloges.


A six heures en face de la gare du nord ce sera tout de même quatre croissants, trois oeufs au plat, une belle tranche de bacon et un grand chocolat chaud siouplé.

Barataria, 2005

Partager cet article

Repost 0
Published by riverrun - dans Poèmes perdus
commenter cet article

commentaires