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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 00:01

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We live to tread on kings.

 

 

A l'inverse de ces assassins éclairés et de ces larves de cinéma, les innocents invulnérables sont des vivants solitaires. Si tu lis ces lignes - si tu sais les lire - certains êtres particulièrement gracieux à force de disgrâce ou de grâce ou d'étrange effacement t'ont ici et là ouvert un chemin qu'il suffisait de parcourir seul pour rien...

 

ON s'est aussi habitué depuis trop longtemps à quotidiennement jouir du spectacle de l'assassinat. En somme, ON se réjouit chaque jour de la mort des autres tout en faisant tout le nécessaire pour ne pas envisager la sienne. Il est temps pour toi d'apprendre à te réjouir de ta propre mort que tu portes, comme dit le poète, "sur toi comme un fruit", et de jouir de la vie concrète de quelques étrangers - entre autres: de la tienne...

 

C'est une erreur métaphysique fort ancienne que de croire que tuer un homme (une femme plus rarement) puisse en délivrer un ou dix millions de la servitude.

C'est une certitude physique plus ancienne encore que les parfaites plénitudes et les points de néant les plus féconds d'une vie ne peuvent être endurés qu'au prix d'une extrême liberté personnelle. Le prix d'une liberté parfaite: le renoncement à toute volonté, à toute possession, à toute jalousie, à tout bavardage, à tout meurtre, à toute forme de suicide même lent et, par conséquent, le renoncement même à tout renoncement.

 

La métaphysique de la volonté de puissance a beau continuer à propager le ravage, elle est finie. Et l'incroyable est que tous le sentent.

L'assassinat a beau continuer d'être la loi secrète du monde spectaculaire, tu as démasqué l'assassin. Et le miracle est que beaucoup vivent encore.

 

"Vivre n'est pas assassiner", Sauveterre-Paris, printemps 2010

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Published by riverrun - dans Fragments
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