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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 06:34

Je traverse les rues et les rues me traversent.
La ville dort tout entière et ma richesse est infinie.
Autrefois j’aurais désespéré d’être seul à la pressentir, la savourer.
Aujourd’hui je suis sage, et fou, je me réjouis seul, mon esprit est en paix.
Mon corps malgré la nuit passée au dehors est brûlant de force.
Les mots simples sourdent dans mon cœur
comme au flanc d’une montagne après l’orage.
Plus rien n’a d’importance.
Vers la porte de Montrouge à cinq heures trente-sept du matin une idée me vient.
Je vais courir le monde, voir si mon bonheur tient là où personne,
Aucun, aucune de ceux que j’ai connus,
sauf elle peut-être,
ne pourra jamais rêver d’aller,
par peur de perdre ce qu’ils ne possèdent pas.
Je suis l’amoureux infini.
On n’a pourtant jamais vu plus raisonnable que moi.
J’allume un cigarillo, je relève le col de mon blouson trempé,
je souris déjà.
Et l’aube est peuplée d’autres rieurs
qui acquiescent.

 

Barataria, 2005

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Published by riverrun - dans Poèmes perdus
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