Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 21:52

27. La nourriture

57.0°E NSS 703 030610 56.0°E Most 1 030124

Un matin il ouvre à peine les yeux et Stephen est accoudé au bout du lit et le braque avec un flingue.

Philippe est à côté, ravi, un paquet de Marlboros à la main.

« Tu vas mourir, Thomas Book », annonce Stephen l’air tranquille.

Ann est à la porte, affolée.

« Stephen ! Stephen… Tu ne tueras point. Stephen. Tu ne tutueras poiiiiiiiint. Tuuuuuuuuue ne tuuuuuuuuueras poooooooint. Stephen. »

Philippe s’esclaffe, incapable d’ouvrir correctement son paquet de clopes.

« C’est ta dernière cigarette, Thomas Book !

- Stetetetetephen. Tutututututu ne tututututututueras point.

- Oh la ferme, la Sainte, on a bien le droit de tuer ! »

Maurice et Loïc arrivent à la porte.

« Ouaaah, putain.

- T’as vu j’t’avais dit. »

Ils ont bien du mal à se retenir d’avancer encore un peu pour essayer de toucher le truc, ça se voit depuis le bout du lit, la tête appuyée sur la tête de lit.

« Eh, Stephen, tu nous le passes, pour voir, s’te plaît ?

- Vos gueules, les mecs. Je suis venu m’occuper de mister Book. Il paraît qu’il a des trucs à nous dire mais qu’il fait pas son boulot.

- Stetetephen…

- C’est quoi ces conneries ?

- Laisse-le s’ex-primer. C’est lui qui va nous dire, sinon…

- Vous dire quoi ?

- Allez tu me le passes.

- Moi j’aim…

- Ouais dis tu nous le passes ?

- Ta gueu…

- Mais Stete…

- Stete il t’emmerde, Anne.

- Vas-y quoi donne.

- Fais pas chier le commercial ou c’est toi que je bute en premier.

- T’as combien de balles ?

- Mais comment t’as fait pour récupérer ça ?

- C’est sa sœur !

- Steteph…

- STETEPH il en a marre de tes jérémiades, espèce de folle!

- Stetephen j’arrive pas à ouvrir le… le paquet.

- Merde vous êtes tous des boulets, tu magnes, oui ?

- Je trouve pas le truc qui se décolle tu sais le truc qui avec mon ongle…

- Allez grouille, Philippe, il va en avoir besoin de sa dernière clope s’il continue à me regarder comme ça le mister Book comme on dirait un chien-loup là.

- Ouais le chien-loup dans le film !

- Quel film ?

- Danse avec les fous.

- Danse avec les loups, espèce de fou.

- Ta gueule Loïc.

- Alors Tom, t’as peur ?

- Non.

- Tu peux dire la vérité, ça changera rien. T’as peur ?

- Non. J’ai faim.

- Pas crédible. Et quoi d’autre ?

- J’ai faim, et j’ai envie de donner à manger à quelqu’un.

- T’es pas encore bien réveillé on dirait. Tu réalises que j’appuie sur la gâchette et t’es mort ? T’as peur ?

- Non. J’ai faim, et j’ai envie d’avoir quelque chose à donner à manger à quelqu’un.

- A qui ?

- A un enfant.

- Quel enfant ?

- Mon enfant.

- Putain. T’as un enfant ?

- Je crois pas.

- Alors pourquoi tu veux donner à manger à un enfant que t’as pas ?

- Il est bizarre.

- Stetephen, Tom a un… un… un enfanfanfant.

- Il a pas d’enfant. Il cherche juste à nous apitoyer.

- J’ai besoin d’apitoyer personne. Je préfère crever que t’apitoyer, Stephen. Je suis encore à moitié dans mes rêves et même si je sais plus très bien si je me souviens de mes souvenirs ou si je me souviens de mes rêves, je sais qu’une seule chose. J’ai faim. »

Laura arrive à la porte les cheveux tout emmêlés et les yeux encore bouffis de sommeil.

« Bon qu’est-ce qui se passe en 2209 ?... Ah oui.

- Laura qu’est-ce qui…

- Détends-toi Tom, après tout soit tu vas mourir, soit tu vas vivre, il n’y a pas d’autre possibilité.

- Il veut pas parler.

- Je veux pas parler de quoi ?

- Quelle est la situation en 2209 ?

- En l’an 2209 ?

- Tu vois Laura il essaie de gagner du temps.

- Puisqu’il veut pas nous dire la situation en 2209 on va le buter.

- Bon, butez-le, moi je vais réclamer du café et des sans-croix, tu m’as vraiment crevée cette nuit, Stephen.

- OK, Laura. Enfin je veux dire One Killed.

- Stetete…

- Ok Book, je te le demande pour la dernière fois, tu craches le morceau ou… »

Thomas Book vole sur un ou deux mètres et se cramponne au bras de Stephen pour arracher le calibre et ils s’écrasent tous les deux sur le linoléum merdasse avec un grand bong.

Stephen résiste de toute ses forces en rigolant le bras tout tordu sans lâcher l’arme Philippe vient l’aider à désespérément tourner le canon vers la tête de Thomas mais Ann se précipite pour l’en empêcher Loïc la retient Maurice retient Loïc Laura va réclamer le café.

Bong.

Bong.

Bong.

Bong.

Bong.

Partager cet article

Repost 0

commentaires